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mardi 2 février 2010

C'était le printemps 2004. Il faut dire, que le mois de mai à SPb est très beau, la verdure est toute fraîche et inspire un sentiment de tendresse et d'innocence, et puis des fleurs, des fleurs... J'étais dans un des nombreux parcs de SPb avec ma meilleure amie de l'époque, Sveta. Nous étions assises sur la pelouse à côté d'un ruisseau. Il faisait très beau, mais je le voyais à peine. J'étais plongée dans des pensées très lourdes, j'avais un grand problème à résoudre, tandis que Sveta fronçait les sourcils à côté de moi, parce qu'elle voulait m'aider, mais elle ne le pouvait pas.
Je voulait aller en France, une très belle occasion se présentait devant moi, mais par malheur, mes parents s'y opposaient, car ils avaient vu plusieurs films parlant des jeunes filles russes tombées en esclavage sexuel à la sortie du pays. Comme il n'y avait pas question de partir en France contre la volonté de mes parents, la seule solution était de les persuader, que tout se passerait bien et que je rentrerais saine et sauve. Et bien, justement, je n'avais aucun moyen de les persuader... La situation était pénible.
A un moment, Sveta leva la tête et me dit soudainement: "Ecoute, ne t'inquiète pas. Je suis sûre que tout se passera bien. J'ai eu à Petrozavodsk une amie, et un jour, en la regardant, j'ai eu un pressentiment, qu'elle vivrait à l'étranger. Et qu'est-ce que tu crois? Quelques années plus tard, elle s'est mariée avec un étranger et elle est partie. Et tout à l'heure, j'ai eu le même pressentiment te concernant. Je te dis, Nathacha, tu ne resteras pas en Russie, tu vivras à l'étranger." Faible consolation! :-)
Pourtant, je constate, que des années plus tard, en essayant d'analyser le passé et de trouver le moment précis où l'idée de l'immigration est apparue dans ma tête, je revient mentalement à cette conversation avec Sveta. C'est à ce moment-là, que le mot d'"immigration" fut prononcé à haute voix, de manière à retentir dans mon cerveau et d'y laisser un écho, une trace, un quelque chose... Mais, est-ce vraiment à ce moment-là que je commence à accepter cette idée d'immigration? Peut-être, faut-il chercher plus loin? Des présages dans le passé, des indices... Comment se fait-il qu'une personne accepte de tout quitter et d'aller s'installer dans un monde inconnu et étranger? C'est la question que je me pose...

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